Genèse de l’initiative de Rennes

L’initiative de Rennes est née d’un constat simple, mais profondément humain. Après les dernières élections législatives en France, Mohamed Diarra a souhaité mieux comprendre la situation des migrants africains à Rennes. Il a rencontré des structures associatives locales, des bénévoles, des femmes et des hommes qui œuvrent chaque jour pour préserver la dignité et les droits fondamentaux des personnes migrantes.

Ces rencontres ont révélé une réalité frappante : les solidarités traditionnelles s’essoufflent. Les budgets diminuent, les bénévoles se raréfient, tandis que les flux migratoires restent constants. Les besoins, eux, demeurent vitaux : se loger, se nourrir, accéder à l’information, se former et s’intégrer dans un environnement souvent hostile.

Cette observation a conduit à une conviction majeure : la question migratoire n’est pas d’abord politique, elle est profondément humaine. Il ne s’agit pas uniquement de gérer des flux ou de remplir des statistiques, mais de préserver la dignité des personnes et de garantir leur accès aux droits essentiels.

Photo de Karamoko Gaoussou, directeur général des ivoiriens de l'extérieur avec Mohamed Diarra, secrétaire général de l'Ordae (Organisation de la diaspora africaine en Europe), lors de la rencontre à Abidjan.
Photo de Karamoko Gaoussou, directeur général des ivoiriens de l’extérieur avec Mohamed Diarra, secrétaire général de l’Ordae (Organisation de la diaspora africaine en Europe), lors de la rencontre à Abidjan.


Une absence remarquée de l’Afrique et de sa diaspora

Un autre constat s’est imposé à Mohamed Diarra : l’absence quasi totale de l’Afrique et de sa diaspora dans ce champ d’action humanitaire.
Malgré la présence des migrants africains dans de nombreuses villes européennes, leurs pays d’origine et leurs communautés diasporiques étaient largement absents des initiatives concrètes. L’Afrique semblait regardante, mais sans moyens effectifs pour intervenir.

Face à cette situation, Mohamed Diarra a pris l’initiative de contacter plusieurs autorités africaines, dont l’Union Africaine et la Côte d’Ivoire, son pays d’origine, afin d’alerter sur la situation préoccupante de certains ressortissants africains en Europe.
Partout, il a trouvé une écoute bienveillante, un intérêt sincère pour la situation, mais également des limites très claires : aucun cadre législatif, aucun mécanisme concret pour agir efficacement sur le terrain.

C’est de cette double constatation – la fragilité des solidarités existantes et l’absence d’implication africaine – qu’est née l’idée de créer un texte fondateur capable de structurer une nouvelle forme de solidarité : la Co-solidarité.

Gratitude et Co-solidarité

La Co-solidarité repose sur un principe simple et juste : remercier pour ce qui a déjà été fait, et apporter à son tour une aide à la hauteur de ses moyens.
Elle se résume dans le credo fondateur :

« Aider ceux qui aident »

Cette approche ne se limite pas à l’assistance matérielle ou financière.
Elle reconnaît le rôle essentiel des structures et des personnes européennes qui soutiennent quotidiennement les migrants africains, souvent dans l’indifférence générale.
Elle appelle également la diaspora africaine à assumer sa part de responsabilité, non pas comme un devoir imposé, mais comme un engagement volontaire, digne et lucide.

Bénévoles d'une ONG aidant des migrants qui sourient.
Photo : SD communication

Les quatre piliers de la Co-solidarité

1. Reconnaissance

Valoriser et remercier toutes celles et tous ceux qui, par leurs actions, permettent aux migrants de surmonter les difficultés quotidiennes.

2. Engagement

Mobiliser la diaspora africaine pour soutenir les initiatives locales, en apportant compétences, moyens ou accompagnement moral.

3. Partenariat durable

Créer des liens entre l’Afrique, sa diaspora et les acteurs européens, afin de bâtir un réseau stable et efficace.

4. Transparence et responsabilité

S’assurer que les actions menées respectent les principes éthiques et servent réellement les populations bénéficiaires.


En promouvant ces valeurs, la Co-solidarité transforme la solidarité ponctuelle en un projet structuré et durable.
Elle propose une nouvelle vision où l’Afrique et sa diaspora ne sont plus spectatrices, mais actrices conscientes et engagées dans la dignité et l’humanité partagée.

Le Forum de la Co-solidarité – Rennes, 31 mai 2026

C’est dans cette perspective que le Forum de la Co-solidarité a été conçu.
L’adoption finale du texte fondateur est prévue le 31 mai 2026 à Rennes, après plusieurs mois de travaux préparatoires jusqu’au 28 février 2026.

Nos objectifs

  • Structurer un réseau de Co-solidarité capable de répondre aux besoins immédiats des migrants tout en favorisant des solutions durables.
  • Formaliser des partenariats entre institutions africaines, associations locales et bénévoles européens.
  • Promouvoir l’engagement de la diaspora comme acteur clé dans le soutien aux migrants africains en Europe.
  • Créer un cadre légal et éthique pour les actions de solidarité, afin de garantir efficacité, transparence et pérennité.

Un mouvement durable et collectif

Le Forum ne se limite pas à un événement ponctuel.
Il constitue le point de départ d’un mouvement durable, basé sur la reconnaissance, le respect et l’entraide.
Chaque participant est invité à apporter son expérience, ses idées et ses compétences pour construire collectivement une solidarité nouvelle et durable.

Devenir ensemble

Le Forum de la Co-solidarité et le concept qu’il incarne représentent une approche à la fois humaniste et stratégique :

  • Humaniste, car il remet l’humain au centre des préoccupations et valorise l’entraide, la dignité et la gratitude.
  • Stratégique, car il mobilise des moyens concrets et un réseau structuré pour agir durablement, impliquant les pays d’origine, la diaspora et les alliés.

La Co-solidarité dépasse la simple assistance :
elle propose une vision où la diaspora africaine ne subit plus les crises humanitaires, mais participe activement à leur résolution.
Elle transforme la solidarité en engagement durable, fondé sur la reconnaissance et la responsabilité partagée.

Le Forum de Rennes marque donc le début d’une nouvelle étape : celle d’une diaspora consciente, mobilisée et actrice de la dignité de ses membres et de ses alliés.

Conclusion

L’initiative de Rennes et le Forum de la Co-solidarité s’inscrivent dans une dynamique ambitieuse :
rendre la solidarité africaine active, responsable et reconnaissante.
Il ne s’agit pas seulement d’agir, mais de le faire avec sens, efficacité et humanité.

La Co-solidarité est une invitation à bâtir des ponts entre continents, communautés et individus, pour que chaque geste compte et que personne ne soit laissé pour compte.

En participant au Forum, la diaspora africaine et ses alliés européens deviennent acteurs d’une solidarité nouvelle, durable et structurée, capable de répondre aux défis du présent tout en préparant un avenir plus juste et plus humain pour tous.