Introduction et déclaration officielle

Le 3 octobre est une date qui résonne profondément dans l’histoire de la migration en Méditerranée. Ce jour rappelle la tragédie de Lampedusa, survenue en 2013, lorsque des centaines de migrants africains ont perdu la vie en tentant de traverser la Méditerranée. Cette tragédie a révélé au monde entier l’ampleur de la crise migratoire, mais aussi l’insuffisance des réponses institutionnelles et humanitaires face à l’urgence et à la souffrance des migrants.
C’est dans ce contexte symbolique que Mohamed Diarra a choisi de faire sa déclaration officielle lors de la conférence de presse d’ORDAE, afin de rendre hommage aux victimes de Lampedusa, de souligner le rôle des acteurs de terrain et de lancer officiellement le projet du Forum de la Co-solidarité. Le 3 octobre devient ainsi une date de mémoire, mais aussi une date d’action et de mobilisation pour la diaspora africaine et ses alliés européens.
Lors de cette conférence, Mohamed Diarra a prononcé un discours fort et sobre, fondé sur la reconnaissance et la gratitude envers celles et ceux qui, en Europe, soutiennent quotidiennement les migrants africains : associations, bénévoles, familles d’accueil, citoyens engagés. Son message s’articule autour de l’idée centrale que la gratitude n’est pas un mot, mais un devoir et un comportement.
Dans son discours, il reprend une ancienne prière :
> « Si tu avais seulement fait ceci, et pas cela – Dayenou. »
Cette sagesse ancestrale devient un fil conducteur pour évoquer l’engagement concret de tous ceux qui œuvrent pour protéger, nourrir, héberger et accompagner les migrants. Mohamed Diarra énumère, avec une puissance sobre, les gestes accomplis par ces structures et individus : ouvrir une porte, offrir un toit, donner un repas chaud, accompagner dans les démarches administratives, protéger les enfants, défendre la dignité.
Mais il souligne surtout que toutes ces actions ont été réalisées ensemble, de manière intégrée, au-delà de ce que chacun aurait pu imaginer. Ces gestes, ces engagements, ces efforts dépassent le simple devoir de solidarité. Ils incarnent un engagement moral, civique et humain qui mérite reconnaissance et soutien.
C’est à partir de ce constat que naît le concept de Co-solidarité :
> « La co-solidarité, ce n’est pas une idée abstraite. C’est une innovation sociale. C’est un devenir ensemble, maintenant. C’est un remerciement qui devient action. »

La Co-solidarité repose sur un principe simple : la gratitude assumée et transformée en action concrète. La diaspora africaine ne peut se contenter de soutenir l’Afrique à distance tout en laissant, sur le sol européen, les familles, les associations et les citoyens porter seuls la charge de nos frères et sœurs migrants. La Co-solidarité appelle à une participation active, structurée et responsable, qui relie les Africains et les Européens par l’histoire, la dignité et la responsabilité partagée.
Mohamed Diarra a annoncé que le Forum de la Co-solidarité s’ouvrira le 1er novembre 2025, avec des travaux préparatoires se poursuivant jusqu’au 28 février 2026. Une période de vote est prévue du 5 au 31 mars 2026, pour permettre à tous les participants de contribuer à l’élaboration du mémorandum d’entente, qui sera adopté définitivement le 31 mai 2026. Le Forum combinera des travaux virtuels et physiques afin de permettre une participation large et inclusive, rassemblant la diaspora africaine et ses alliés européens autour d’objectifs communs et durables.
Le discours insiste également sur le caractère éthique et politique de la gratitude :
> « La gratitude n’est pas une option. C’est une obligation morale. C’est une obligation politique. Aujourd’hui, par cette déclaration, l’ORDAE appelle toute la diaspora à une gratitude assumée. Nous ne voulons plus d’une gratitude chuchotée. Nous voulons une gratitude claire, digne, courageuse. »
Ainsi, le Forum de la Co-solidarité n’est pas seulement un événement ; il est le point de départ d’une mobilisation durable, structurée et collective. Il incarne une vision humaniste où chaque geste compte, où chaque action contribue à renforcer la cohésion sociale et à garantir les droits fondamentaux des migrants africains en Europe.
En rappelant la tragédie de Lampedusa et en mettant en lumière les efforts de celles et ceux qui agissent sur le terrain, le discours de Mohamed Diarra transforme la mémoire en action et la reconnaissance en engagement concret. Il invite la diaspora africaine à passer de la vigilance à la participation active, à transformer la gratitude en solutions durables et à s’approprier pleinement le rôle d’acteur dans la protection de ses frères et sœurs.
Le 3 octobre et le discours prononcé ce jour-là symbolisent donc à la fois la mémoire des victimes, la reconnaissance des acteurs de terrain et le lancement officiel d’une initiative structurante : la Co-solidarité africaine. Ils rappellent que la solidarité n’est pas un acte ponctuel, mais une responsabilité collective et continue, qui implique engagement, lucidité et courage.
En conclusion, la déclaration de Mohamed Diarra marque la première étape concrète du Forum de la Co-solidarité : honorer ceux qui agissent, mobiliser la diaspora africaine et ses alliés, et construire ensemble un cadre durable de solidarité. C’est un appel à la responsabilité, à la dignité et à l’action collective, pour que la mémoire de Lampedusa devienne un moteur de changement réel et durable.
Dates à retenir
Conférence de presse du 3 octobre 2025

La conférence de presse du Forum de la Co-solidarité était présenté par Mohamed Diarra, secrétaire général de l’ORDAE. Ella a eu lieu la MIR (Maison Internationale de Rennes).
Ce 3 octobre 2025, lançant officiellement l’appel à une gratitude assumée et à l’action collective de la diaspora africaine.
Travaux préparatoires en vue du Forum du 31 mai 2026 – Du 1er novembre 2025 au 28 février 2026

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