Mémorandum d’entente sur la co-solidarité africaine

Organisation Représentative de la Diaspora Africaine en Europe (ORDAE)

Mains de plusieurs personnes d'origines ethniques différentes unis;
Photo : SD communication

Préambule

À celles et ceux qui, sans bruit, ont tendu la main et le cœur aux migrants africains, nous devons reconnaissance, honneur et gratitude.

C’est dans cet esprit qu’est née l’initiative de la Co-solidarité Africaine, portée par l’Organisation Représentative de la Diaspora Africaine en Europe (ORDAE).

Elle vise à reconnaître, honorer et renforcer la solidarité réciproque entre les Africains de la diaspora et celles et ceux — souvent non Africains — qui, en Europe et ailleurs, soutiennent leur humanité, leur dignité et leurs parcours d’intégration.

La Co-solidarité est une réponse morale, politique et civilisationnelle à l’indifférence. Elle repose sur un principe simple :

La reconnaissance est aussi un acte de justice. Un acte juste.

Article 1 – Objet

Le présent Mémorandum établit un cadre de coopération morale, institutionnelle et opérationnelle entre l’ORDAE, les chancelleries africaines, les institutions européennes et les partenaires civiques adhérant aux principes de la Co-solidarité Africaine.

Il vise à bâtir une diplomatie fondée sur la gratitude, la responsabilité et la transmission, au service d’une Afrique digne et d’une diaspora unie.

Article 1-bis Reconnaissance des migrants dans la diaspora

1. Les personnes migrantes originaires d’Afrique, quel que soit leur statut administratif, sont reconnues comme membres à part entière de la diaspora africaine en Europe.

2. À ce titre, elles bénéficient des mêmes droits d’attention, d’accompagnement et d’accès aux dispositifs de la Co-solidarité que l’ensemble des diasporiens : information, assistance administrative et juridique, orientation vers les services, accès aux programmes de transmission et aux aides d’urgence.

Article 2 – Rôle des chancelleries africaines

Les parties au présent mémorandum reconnaissent que :

Les ambassades et consulats africains sont un pilier de ce dispositif.

Ils représentent le lien vivant entre les États et leurs ressortissants en Europe.

À ce titre :

Chaque chancellerie est invitée à désigner un délégué officiel de sa Diaspora auprès de l’ORDAE, membre de l’Assemblée des Délégués de la Diaspora Africaine ;

Ces délégués participent à la co-construction et au suivi du présent Mémorandum ;

Les délégués sont associées à la gestion transparente de la Caisse Commune de Co-solidarité ;

ils sont co-garants du dialogue, de la coordination et de la reconnaissance institutionnelle de la diaspora.

Article 3 – Le financement participatif : 1 € PPPM (pas plus pas moins)

Le mécanisme dit « 1 € par personne et par an » (1 € PPPM) constitue la base du financement participatif volontaire de la Co-solidarité Africaine.

Chaque membre de la diaspora africaine en Europe est invité à contribuer symboliquement 1 € par an, versé à la Caisse Commune de Co-solidarité Africaine, a une periode fixée entre le 3 octobre et le 31 mai

Cette contribution symbolique n’est pas un impôt, mais un acte de responsabilité et d’unité de la diaspora.

Article 4 – Contribution de 1 € par visa

Dans le même esprit de solidarité partagée,

il est demandé à tout voyageur ou voyageuse se rendant vers un pays africain, qu’il ou elle soit africain (e)ou non africain (e), de contribuer à hauteur de 1 € au moment de la délivrance du visa.

Cette approche innovante a pour objectif de faire évoluer le modèle traditionnel d’aide, souvent porté par l’impôt du contribuable européen, vers un modèle fondé sur la mobilité humaine et la responsabilité partagée.

Ainsi, chaque déplacement, chaque voyage devient un acte de co-solidarité, contribuant à bâtir une aide africaine par les Africains, dans la dignité, la transparence et la reconnaissance mutuelle

Cette participation volontaire, adossée au processus consulaire, alimente également la Caisse Commune de Co-solidarité Africaine.

Elle traduit l’idée simple que voyager vers l’Afrique, c’est aussi participer à son humanité — en soutenant les structures qui accompagnent, forment et protègent les plus vulnérables.

Les chancelleries sont invitées à intégrer cette mesure symbolique et transparente.

Article 5 – Répartition et gouvernance (principe des 4 piliers)

Les fonds de la Caisse Commune sont répartis équitablement entre quatre axes :

1. Co-solidarité (25 %)

→ Soutien aux structures et bénévoles européens accompagnant les migrants africains sur les question de Santé mentale, alimentation, aide à l’intégration.

2. Transmission aux prochaines générations (25 %)

→ Fonds intergénérationnel destiné à créer un héritage pour les prochaines générations de la diaspora désireuses de faire avancer les causes liées à la dignité humaine.

3. Soutien aux Services Diaspora des chancelleries signataires de ce mémorandum (25 %)

4. Animation du Mémorandum et Label (25 %)

Article 6 – Le Répertoire de Compétences de la Diaspora

L’ORDAE met en place un Répertoire de Compétences recensant les talents, métiers et savoir-faire des Africains en Europe.

Ce dispositif vise à :

Identifier les experts africains disponibles pour des projets de coopération ;

Mettre à disposition des associations de solidarité internationale des bénévoles quand il s’agit d’expertises africaines (ex wolof, Bambara, soniké, etc …)

Faciliter les passerelles entre la diaspora et les États africains ;

Promouvoir une Afrique contributive et qualifiée.

Les ambassades peuvent désigner un référent national pour la mise à jour de ce répertoire.

Article 7 – Suivi et évaluation

Un comité mixte de suivi, composé de représentants de l’ORDAE et des partenaires, est institué pour :

évaluer les progrès réalisés,

formuler des recommandations,

et assurer la cohérence des actions entreprises dans le cadre de la Co-solidarité Africaine.

Article 8 – Durée et renouvellement

Le présent Mémorandum est conclu pour une durée indéterminée.
Il peut être révisé d’un commun accord ou dénoncé par l’une des parties, moyennant un préavis écrit de trois mois.

Article 9 – Création d’un label de reconnaissance

Il sera créé un label de reconnaissance, marque symbolique destinée à manifester la gratitude et à soutenir les structures européennes œuvrant pour la dignité humaine des migrants africains.

Les détails techniques et juridiques relatifs à ce label seront communiqués après son dépôt officiel auprès de l’INPI.

Article 10 – Dispositions finales

Les parties conviennent que ce Mémorandum ne crée aucune obligation juridique contraignante, mais repose sur une volonté commune d’engagement moral et civique.

Fait à Rennes, le 3 octobre 2025 (date symbolique de la commémoration du drame de Lampedusa).